La peur

English Version

 

Elle est venue, elle m’a eue et elle m’a (presque) vaincue

 

Il arrive un moment où il faut savoir re-sauter dans le train en marche…

 

Bonjour tout le monde

Aujourd’hui je vous parle d’un temps que les moins de 20ans ne peuvent pas connaitre d’un état, la peur, qui m’a engloutie ces dernières semaines et dont j’ai eu beaucoup de mal à me débarrasser.

La peur est une drôle de camisole silencieuse et invisible dont on s’habille et qui surtout vous habite subitement et si on ne prend pas garde on finit par s’attacher à elle et s’en accoutumée au point de ne plus savoir comment s’en libérer.

Sa prise de mon esprit et de mon corps est arrivée en août au moment où j’ai décidé de commercialiser mes créations et que j’ai lancé mon Etsy en ligne.

Si jamais vous ne le savez pas (ce qui est probable dans la mesure où j’ai fait peu de pub sur les réseaux sociaux), en août j’ai officiellement commencé à vendre mes créations et j’ai donc créée un Etsy en attendant la mise en ligne de mon propre site de vente courant 2017.

J’en parle dans ces deux articles si vous ne les avez pas lu. Ici N'sqol - collection capsule Part.I et ici N'sqol - collection capsule Part.II.

Après avoir annoncé que mes créations étaient maintenant en vente j’ai été envahie d’une peur immense qui petit à petit m’a coupé les jambes, ce qui est un comble pour moi qui suis en fauteuil électrique, mais c’est vraiment comme ça que j’ai ressenti les choses car je n’ai pas (ou plus) su comment avancer et si ça servait à quelque chose d’avancer.

Peur de quoi et peur de qui me direz-vous?

Peur de tout, absolument de tout!

Peur de l’échec, douter de ma capacité à réussir au point d’en oublier qu’au moins j’ai essayé.

Peur de ne pas savoir si mes choix sont bons, peur de ne pas avoir la force de continuer à travailler seule car même si Jordane et ma sœur me prêtent leurs corps pour montrer mes créations, il n’empêche que je travaille absolument toute seule artistiquement.

Peur de mal communiquer sur les réseaux sociaux ce que je n’aime ni ne sais faire.

Je dois penser la conception de mes vêtements en ayant une confiance absolue dans mes choix ce qui sous-entend prendre en compte que mes créations ne seront pas tout public en termes de formes, imprimés et prix. Peur donc de ne pas faire les bons choix artistiques qui fédèreront.

Et l’ultime peur fut (et est toujours le cas) de ne pas réussir à me faire connaitre du plus grand nombre.

Avant de mettre en vente sur Etsy mes créations, la peur était déjà là, bien implantée en moi et c’est sans doute pour cette raison que je n’ai pas fait trop d’effort pour relayer l’info de la mise en vente de mes vêtements car je partais avec un esprit perdant et totalement défaitiste.

Ensuite j’ai essuyé des commentaires auxquels bien sûr je m’attendais sur le prix de vente ce qui n’a fait que me conforter dans mon sentiment d’échec et ma certitude que personne n’achètera mes créations. Pour le dire trivialement, je me suis dit que si je ne m’aligne pas sur les prix de Kiabi c’est mort, mais il m’était impensable et inacceptable de faire ça.

Heureusement depuis cette pensée m’a quitté grâce à mon entourage et à quelques lectrices à qui j’ai parlé de mes angoisses. Je me suis sentie portée par toutes ces personnes qui n’ont eu de cesse de me dire de ne rien lâcher.

Cette collection a été réalisée avec sincérité en ayant peu de moyens financiers.

Je voulais au moins mettre un pied dans l’autre cour, devenir officiellement une marque qui propose des pièces vendables.

J’ai d’abord découvert la complexité que c’est de créer quelque chose, de lancer sa marque et le fait d’être en fauteuil électrique et d’avoir le statut de personne handicapée complique encore plus les choses administrativement, vous ne vous imaginez pas à quel point.

Ce serait trop long de détailler tout ce qu’il me faut faire et je suis encore en cours de réalisation de démarches administratives qui n’en finissent pas.

Malgré la dimension vertigineuse de la création d’entreprise en France, je suis bien décidée (enfiiiiiiiin) à faire de Nsqol une grande marque et peu importe le temps que ça prendra.

Même si la peur a un peu freiné mon élan, mon entrain, mon envie, ma volonté de mener à bien ce projet qui me tient à cœur, aujourd’hui j’y reviens petit à petit mais il me fallait du temps.

J’ai cru que la rentrée m’insufflerait une nouvelle énergie et ce fût exactement le contraire qui s’est passé.

J’ai débuté septembre avec le sentiment que je vais droit dans le mur et qu’il vaudrait mieux que j’arrête les frais.

La raison de cet état d’esprit venait du fait que je n’ai pas vendu autant de pièces que j’espérais, en plus d’avoir conscience que les clientes trouveraient ça chères.

La collection n’a aucunement été rentable et la peur de m’enliser dans des problèmes financiers si je continuais a freiner mes ambitions.

Toutefois ce n’est pas la seule raison qui a fait que j’ai perdu confiance en moi et en mon travail.

La première raison de ma perte de confiance est que n’ayant pas de gros moyens financiers je me fais piller mon travail par des marques et des personnes qui ont passé beaucoup de trop de temps à venir sur mon blog voir ce que je proposais. J’ai eu à chaque fois le souffle coupé de voir mon travail repris ailleurs avec de petites différences, mais dans le fond c’était clairement le mien. Je le dis car j’ai eu des échanges vifs avec des personnes par mails qui se sont faits un malin plaisir de me répondre que telle ou telle chose n’était pas déposée. Maintenant ce n’est plus le cas.

Ce fût douloureux à digérer et j’ai reconnu ma part de responsabilité dans la manière dont les choses se sont déroulées même si je considère qu’il y a un goût extrêmement prononcé pour le plagiat chez certaines personnes ainsi qu’une médiocrité et une immense malhonnêteté intellectuelle.

Je constate d’ailleurs que la manière dont je m’exprime et articule ma pensée sur le rapport au corps, la mode, le vêtement est repris par des personnes qui avant ne s’exprimaient pas du tout de cette manière… Bref!

Ce que j’en tire c’est que quand vous n’êtes pas dans l’action immédiate vous vous faites doubler. C’est la loi de la jungle, la règle du jeu, il faut faire avec.

L’autre raison qui fut la cause de ma perte de confiance et de mon envie d’abandonner tout ça est que je vis à Nantes, il m’est assez difficile d’aller à la rencontre des gens et de participer à des évènements à Paris et autres donc ça complique la mise en place d’un large réseau social qui pourrait relayer mon travail et ma démarche. Les réseaux sociaux ont un impact sur la réussite et si on n’est pas présent c’est difficile d’exister.

Participer à des évènements va de pair avec la présence sur les réseaux sociaux et ça c’est très compliqué pour moi à cause de l’accessibilité et parce-que je ne suis pas à l’aise avec les mouvements de foule.

Il y a certes les blogueuses mais il faut avoir les moyens de les arroser de cadeaux pour qu’elles daignent partager l’info et celles qui acceptent te font bien vite regretter de les avoir sollicitées vu le comportement qui en découle. Ceci dit je trouve ça totalement juste aussi d’offrir une contrepartie contre un peu de publicité mais je le redis, il faut avoir les moyens.

Pour le moment je vais éviter un temps de solliciter les blogueuses et tâcher dans l’avenir de me débrouiller au maximum toute seule si je peux.

J’ai retenu pas mal de leçons ces derniers mois et je ne suis pas prêtes de les oublier histoire de ne pas reproduire les mêmes erreurs.

J’ai eu énormément d’invitations de Paris dans le but de découvrir de nouvelles collections et pour assister à des fashion-weeks mais une fois de plus l’accessibilité a été un frein à tout ça.

Je me suis beaucoup interrogée sur les choix que je faisais dans ma vie et quel sens donner à Nsqol si je n’ai pas la mobilité nécessaire pour me faire connaitre et aller à la rencontre des gens.

Toutes ces interrogations ont généré de la panique en moi et l’incapacité de reprendre mon blog en main car je ne savais plus trop quelle direction donner à tout ça en plus de me demander s’il était nécessaire de relancer la conception d’une nouvelle collection.

La fin de l’année approchant je ne veux pas finir sur une note négative et vivre dans ce sentiment d’échec et puis j’ai réalisé qu’il y a aussi de bonnes choses concernant ce blog.

Par ex, même en le négligeant comme je l’ai fait ces derniers temps j’ai continué à avoir un taux de visiteurs assez élevé maintenant que j’ai compris (parce-que Jordane, mon compagnon et mon accompagnateur pour la création d’entreprise me l’ont expliqué) que « drainer » pour un blog entre 50 et 60 visiteurs par heure c’était absolument énorme même si paradoxalement sur les réseaux sociaux on me connait peu et je reconnais que je n’y mets pas vraiment du mien.

C’est Jordane qui s’occupe des cuisines et dépendances du blog donc elle m’a fait un petit récapitulatif qui m’a requinqué psychologiquement et dont je n’avais pas du tout conscience avant.

Je reviens donc toujours angoissée et apeurée mais un peu plus forte et je dois avancer au lieu de m’enliser dans mes névroses et mes crises existentielles.

Mon blog m’apporte des choses concrètes et me nourrit humainement en plus d’être une belle passerelle entre moi et les autres. Vivre dans sa bulle a ses limites et il est temps que j’en sorte.

C’est donc ainsi que la peur est venue s’emparer de moi, m’a effectivement eue et m’a presque vaincue. Je dis bien presque.

C’est ainsi que s’arrête aujourd’hui mon blues de la rentrée qui a débuté.

Le blog reprend du service et Bienvenue aux nouvelles personnes qui me suivent.

La suite de mes récits dans le prochain article et en attendant je vous laisse avec quelques photos d’un de mes looks de la semaine.

Je vous embrasse et prenez soin de vous.

Nafissath

 

 

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4 commentaires sur « La peur »

  1. je connais l’état d’angoisse qui vous coupe les jambes si je peux me permettre l’expression donc cet article me parle et me touche en plein coeur. Je fais partie des lectrices qui vienne tout le temps sur ton blog car il est vraiment inspirant et je ne laisse jamais de commentaire mais je fais une exception parce-que d’abord je suis contente de te relire et ensuite j’ai envie de te dire aussi ne lache rien car la blogosphère a besoin de toi et ton honneteté. Je croyais que c’était dans ma tête quand j’ai vu -lu et entendu ci et là des formules qui te sont propres donc ça me rassure de savoir que toi aussi tu l’as relevé. Tu as une patte et elle est reconnaissable donc lorsque tu es imitée c’est grossièrement fait et c’est visible. Je ne suis pas blogueuse mais je me dis que ça doit être difficile de prendre sur soi lorsque les gens vous imitent sans cesse. J’ai commencé à me le dire lorsque tout le monde a commencé des articles comme stéphanie zwicky avec une citation et je trouvais dommage que les gens manquent de personnalité à ce point. Donc je comprends vraiment tes peurs en plus du fait de ne pas pouvoir te déplacer facilement. Si je vivais pas très loin de chez je t’aurais proposé mon aide avec grand plaisir. On peut éhanger par mail si tu veux et je peux voir comment te venir en aide :) car je suis vraiment attristée que tu n’ais pas les mêmes armes que les autres pour réussir. Je trouve néanmoins que tu t’en sors très bien malgré ton état d’esprit du moment. J’aime beaucoup tes posts sur instagram et j’espère que 2017 sera ton année. Je te dis à bientôt et merci pour la sincérité de cet article.

  2. Coucou Nafissath, je ne passe pas beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, mais c’est toujours un plaisir de voir tes créations et tes articles. j’espère que tu vas continuer et surmonter ce mauvais moment, que tu trouvera tes clientes et tes lectrices, car tu as beaucoup de sensibilité et de choses à dire et à montrer. C’est vrai que les gens râlent quand c’est pas aux prix des marques nationales (qui produisent à grande échelle), mais il y a un marché pour la création, et j’espère que tu le trouvera^^
    Bonne soirée et courage!

  3. Courage Nafissath !!
    C’est dur de se lancer seule, ça peut être long aussi, mais il y a parfois quelques mots, quelques gestes d’amis ou d’inconnus qui nous font dire que nous ne travaillons pas pour rien !!!
    Je te comprends aussi en ce qui concerne la partie « avoir les moyens », mais comme on dit chez moi « Petit à petit l’oiseau fait son nid ».

    Bonne continuation…

  4. Cet article m’a beaucoup touchée et je suis très heureuse que tu sois de retour malgré tes peurs et tes doutes. Tes posts m’ont manqués car te lire est un vrai plaisir et découvrir tes créations et tes looks c’est un bonheur pour moi et pas mal de mes amies. On regarde souvent ton blog pendant nos soirées entre copines tu nous a manqué.
    Merci Nsqol.

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