Il y a comme un vent de liberté qui souffle ici. Part I

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PART I. Studio 54

 

Bonjour à tous.

J’espère que tout le monde se porte à peu près bien et que la précédente semaine fut agréable.

Qui dit nouvelle semaine, dit nouvelles découvertes et nouveaux challenges si possible.

Je débute donc ma semaine avec cet article sur le studio 54 dont j’ai furtivement parlé dans cet article sur Bianca Jagger Bianca Jagger - 1972 qui est l’une de mes Icônes.

                                      C’est quoi ou c’est où le STUDIO 54 ?

N'sqol - Studio 54

 

Je sais que vous en avez tous entendu parler à un moment ou à un autre donc je pense que vous avez une vague idée de ce qu’a été ce lieu emblématique des années 70.

Le STUDIO 54 fut la boite de nuit qui révolutionna le milieu de la nuit mais qui eu une implication bien plus grande sur l’idée d’urgence de vivre au sortie de la guerre.

De 1955 à 1975 les États sont en pleine guerre, la Guerre du Vietnam.

Il faut savoir que 10ans plus tôt le monde sortait de la 2ème guerre mondiale. C’est donc dans cette période sombre et douloureuse pour l’Amérique partie en guerre au Vietnam que le Studio 54 fut ouvert et je pense qu’inconsciemment c’était un exutoire pour un pays en souffrance dont les hommes partis en guerre revenaient abimés, détruits et fous.

Il eut 3 guerres consécutives (première guerre mondiale, deuxième et la guerre du Vietnam) et on avait conscience que vivre était éphémère et qu’il était urgent de vivre car tout pouvait basculer du jour au lendemain.

Partant de là, Steve Rubell, Ian Schrager et Carmen D’Alessio eurent l’idée géniale d’ouvrir une boite de nuit où tous les excès seraient autorisés, pour ne pas dire encouragés.

(Passez votre souris sur les photos pour la légende)

Grâce à Wikipédia j’ai découvert que le nom STUDIO 54 venait du fait que la discothèque était située au 254 ouest de la 54e rue, dans un ancien théâtre, puis studio de télévision de CBS.

Carmen D’alessio qui était la jet-setteuse du moment avait un carnet d’adresse de célébrités hallucinants et c’est donc tout naturellement qu’elle fut associée au projet de Steve Rubell et Ian Schrager pour créer le studio 54.

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Elle se chargea d’inviter les personnalités les plus importantes du moment et Steve Rubell eut l’idée géniale de mélanger de simples inconnus triés sur le volet et les stars sur la même piste.

L’idée était de ne pas ostraciser Mr et Mme tout le monde sous prétexte qu’ils n’évoluent pas dans la « frimosphère » mais de s’assurer tout de même que pour rentrer dans la discothèque il fallait avoir une identité visuelle forte, avant-gardiste, intéressante et être quand même beau.

Le critère principal restait le look et l’attitude néanmoins.

Je vous laisse vous immerger un peu dans l’ambiance du Studio 54 avec cette petite vidéo.

Le studio 54 fut le lieu de tous les excès et de toutes les rencontres. Tu savais que tu étais la célébrité du moment si on t’y voyait et ça peu importe l’age.

C’est ainsi qu’on pouvait y rencontrer Drew Barrymore à 12ans dansant sur cet air de Indeep peut-être (et surement sous substances illicites type cocaïne dont elle a déjà parlé)

Drew Barrymore au Studio 54
Drew Barrymore, 12 ans, au Studio 54

Indeep – Last Night A DJ Saved My Life 1982

ou Brooke Shields qui à l’époque avait 14ans en 1979 et j’imagine qu’elle se trémoussait sur cet air  Earth, wind and fire qui était le tube du moment.

Brook Shield, 14 ans, au Studio 54
Brooke Shields, 14 ans, au Studio 54

Earth, Wind & Fire – Boogie Wonderland – 1979

La démarche du studio 54 était de donner corps à l’idée même d’expérimenter l’existence sans retenue même s’il fallait sombrer dans l’abime et certains y ont clairement sombré.

Ils ont littéralement appliqué l’expression on ne vit qu’une fois.

Dans cette discothèque seul le présent, l’instant T, comptait donc on y faisait la fête comme si on allait mourir le lendemain. Il ne fallait pas avoir peur d’être téméraire quitte à en payer le prix.

Studio 54 - Nouvel an 1978 - quand la fête est finie
Studio 54 – Nouvel an 1978 – quand la fête est finie

Le studio 54 était l’espace même de liberté, un carrefour de rencontre de plusieurs mondes et plusieurs milieux professionnels et même si la majorité des habitués étaient des artistes, des gens du spectacles, du cinéma, on pouvait y rencontrer des hommes politiques, des femmes d’hommes politiques, des avocats et etc…

On pouvait (même en tant que simple inconnu) y rencontrer Andy Warhol, David Bowie, Truman Capote, Belmondo, Brigitte Bardot, Cary Grant, Yves saint Laurent et j’en passe. Il était possible de danser sur ces airs avec eux, à coté d’eux

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 Kool and the Gang – Celebration – 1980

 

 Kool and the Gang – Fresh – 1984

 

 

Bianca et Mick  Jagger, Jerry Hall, Grace Jones étaient LES ICÔNES, les stars qui ont fait la réputation du studio avec leurs fêtes délirantes dans lesquelles la règle était pas de règle.

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Pour y fêter son anniversaire Bianca Jagger arrive en cheval et tout est normal.

Bianca Jagger fête ses 30 ans au Studio 54 - 1977
Bianca Jagger fête ses 30 ans au Studio 54 – 1977

En même temps en étant sous acides, sous coke, hyper alcoolisé on ne peut pas être très lucide et réaliser la dimension délirante du truc. Il fallait être une icône pour se raser les aisselles en boite de nuit et que ça semble normal pour tout le monde.

Bianca Jagger au Studio 54
Bianca Jagger au Studio 54

Libre de faire ce qu’on veut était clairement la devise appliquée à la lettre. C’est « Where you want when you want » (où tu veux quand tu veux) qui était la règle.

En somme c’était l’hédonisme dans toute sa splendeur.

Le Studio 54 était le lieu où tu pouvais repousser toutes les limites le temps d’une nuit comme s’il n’y aurait plus jamais de lendemain. Je pense vraiment qu’il y avait une éternité de vie dans chaque nuit passée dans cette discothèque.

C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup de personnes (inconnues) travaillaient autant à cette époque pour s’offrir la tenue qui leur permettrait d’être, elles, choisies par Steve Rubell au lieu de choisir une célébrité par principe.

Ce fonctionnement et cette époque sont clairement le synopsis même de La fièvre du samedi soir avec John Travolta.

Dans le film le personnage de Travolta et sa bande de potes travaillent beaucoup la semaine dans le seul but de pouvoir entrer le samedi soir dans la boite de nuit à la mode de New-york pour y danser et on comprend que c’est le studio 54. Ils viennent de quartiers pauvres et n’ont pas fait d’études.

Ils rêvent de sortir du New-jersey car ils se sentent trop accablés par la morosité et le désespoir ambiant et leur seule chance d’être « quelqu’un » ne peut arriver que grâce à cette discothèque dans laquelle une célébrité les remarqueraient en tant que bons danseurs et ainsi ils pourront quitter cette vie qui leur semble misérable…

La fièvre du samedi soir est un film plus mélancolique qu’il en a l’air qui porte en lui un certain désespoir et un certain fatalisme qu’on essaie d’atténuer de manière festive et faussement légère alors que le fond ne l’est absolument pas. En tout cas ce film m’a permis de découvrir les Bee-gees et leurs voix hallucinantes que vous pouvez réécouter ici

Saturday Night Fever (Bee Gees, You Should be Dancing) John Travolta – 1977

 

 Stayin in live saturday nigh fever – Bee Gees – 1977

 

Fin de ma digression bien qu’en lien avec mon article.

Steve Rubell sélectionnait avec minutie et des pincettes (comme je l’ai dit au dessus) qui pouvait y rentrer ou pas et décidait parfois de ne pas laisser y entrer une célébrité dont il estimait qu’elle n’était pas suffisamment classe ce soir là pour être dans sa discothèque.

Wikipédia cite d’ailleurs deux exemples qui m’ont permis de réaliser à quel point il avait du culot et du pouvoir et surtout il ne se laissait pas influencer par la notoriété.

J’ai donc découvert que la Chanteuse Cher qui pourtant a pu y rentrer maintes fois a été refoulée un jour car pas assez classe pour le studio.

Il en a été de même pour le groupe chic qui fut si sidéré de se faire rejeter alors qu’à l’époque ils étaient des stars qu’ils ont décidé d’en faire un morceau  : Chic, Freak out – 1978

D’ailleurs c’était tellement difficile de rentrer dans le studio 54 qu’il y a eu une collection capsule de Jeans à l’époque dont le nom était Studio 54 et dont Le Slogan était  » maintenant tout le monde peut rentrer dans un Studio 54″.

"Maintenant tout le monde peut rentrer dans un Studio 54"
« Maintenant tout le monde peut rentrer dans un Studio 54 »

Cette collection eut un immense succès et s’arracha en quelques heures, c’est dire à quel point rentrer dans cette discothèque était important pour les gens.

Ce qu’il faut aussi savoir et retenir c’est que le studio 54 n’était pas qu’un lieu de débauche où tous les excès étaient permis. Cette discothèque était aussi un vivier de personnalités importantes qui influaient sur les facteurs économiques, sociologiques, politiques comme Wharol, Dali, Picasso, Truman capote et tous les autres que j’ai cité depuis le début de cet article.

Halston en est l’exemple parfait en terme de contributeur de l’évolution des mœurs, du rapport au corps et de la représentation des femmes noires dans le monde de la mode.

Bianca Jagger and Roy Halston au Studio 54
Bianca Jagger and Roy Halston au Studio 54

Le Créateur Roy Halston a beaucoup apporté à cet univers et a fait défiler des mannequins noires dont l’une des plus célèbres (qui est une de mes icônes) est Pat Cleveland qui par la suite défila pour Yves Saint Laurent.

Pat Cleveland et Jerry Hall au Studio 54, 1979
Pat Cleveland et Jerry Hall au Studio 54, 1979

La muse la plus connue de Halston reste Bianca Jagger qu’il habilla à maintes et maintes fois et par la suite devint une grande militante politique comme je l’ai raconté dans un précédent article sur elle.

Bianca Jagger en Caftan Halston au Studio 54, 1980
Bianca Jagger en Halston au Studio 54, 1980

Le studio 54 était le lieu où il fallait être ou aller pour se tenir au courant des cultures émergentes et de ce qu’il se passait politiquement ou socialement dans le monde. Ce coté festif cachait une réelle angoisse existentielle.

Je réalise qu’entre deux rails de coke ils trouvaient la lucidité nécessaire de faire des actions pour s’engager politiquement.

C’était peut-être pas le cas pour tout le monde mais je suis convaincue qu’une grande partie militait pour les droits derrière cette fausse légèreté.

D’ailleurs David Bowie y fait des apparitions dans son personnage androgyne de Ziggy.

C’est aussi le cas de Sylvester qui fut le chanteur à succès du moment et qui s’amusa de son androgynie qu’il cultiva à merveille.

Vous ne voyez peut-être pas qui il est mais vous connaissez son célèbre tube de 1977 qui fut repris par Jimmy Sommerville dans les années 90

You make me feel – Sylvester

 

Comme on dit en anglais LE STUDIO 54 c’était THE PLACE TO BE qu’on traduit par le dernier endroit à la mode, le lieu incontournable et il l’était vraiment.

Malheureusement ça c’est terminé dramatiquement après 33mois de fêtes délirantes avec l’arrestation de Rubell et Schrager qui furent accusés (à juste titre) de ventes de produits illicites et de non déclaration de revenus, en plus d’avoir caché dans les murs de la boite des milliers de dollars.

Heureusement que cette période a pris fin car le sida à cette époque a commencé à faire des ravages et certains comme Rubell ou Sylvester en sont morts. D’autres ont souffert de toxicomanie des années durant et ont eu du mal à s’en relever.

Le Studio 54 a quand même été par la suite l’exemple que beaucoup de boites de nuit ont tenté d’imiter comme les bains douches mais aucun n’a jamais réussi aujourd’hui à égaler la réputation du studio 54 et heureusement d’ailleurs.

Je pourrais en dire des choses sur le studio 54 mais je vais arrêter là car mon article est assez long et je sais que le temps d’attention des lecteurs est limité. Si vous voulez en voir plus, voici un petit doc sur le Studio 54.

Je vous laisse avec quelques images et quelques tubes de la bande musicale de l’époque.

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Je dois dire que c’est l’un des articles que j’ai aimé le plus écrire car il m’a permis d’écouter des morceaux incroyables et énergiques oubliés de tous.

Sachez que les prochains looks seront inspirés de cette période et qu’avec Jordane on a fait des tests de tenues inspiration Studio 54 en partant de l’icône BIANCA JAGGER.

Petit avant goût de ce que vous verrez sous peu, dans quelques heures…

 

Je vous embrasse et à bientooooooooot!

Nafissath

 

 Georges Benson - Give me a night - 1980 Bill Withers - Lovely Day - 1977 Bill withers - Just the two of us - 1981 Marvin Gaye - Sexual healing - 1982 The Rolling Stones - Sympathy For The Devil A First - 1968 Michael Jackson at Diana Ross Concert - Upside Down - 1980 Donna Summer - She Works Hard For The Money - 1983 The Pointer Sisters - I'm So Excited - 1982 Dalida - Laissez moi danser - 1979 Patrick Hernandez - Born to be alive - 1979 Gloria Gaynor - I will survive Gloria Gaynor - 1978

 

 

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