Appropriation culturelle ?

 Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots.

                                               Jean JAURES

 

 

Cet article a été écrit bien bien avant les attentats du 13 Novembre mais j’ai eu quand même envie de le publier au risque qu’on me reproche d’attiser les tensions. Mes interrogations sont toujours d’actualité et plus que jamais il m’est nécessaire de tenter de comprendre pourquoi nous nous divisons…

 

Bonjour à tous.

Je sais qu’en ce moment en France le climat est très tendu sur les questions raciales, sur l’identité culturelle, sur l’appropriation culturelle, qu’il y a eu une polémique sur une Chaine BET (Black Entertainment Television) qui débarque en France et qui a eu la mauvaise idée de ne pas prendre de présentateurs noirs ce qui en a énervé plus d’un. Personnellement je me fiche de cette polémique bien que je la comprenne.

Je ne veux pas mettre le feu aux poudres mais je m’interroge beaucoup en tant que noire sur les attitudes que je qualifierai de schizophréniques chez une grande majorité de noirs et sur cette formule, appropriation culturelle, qui il y a encore peu de temps était abstraite pour moi mais ça c’était avant.

Ça fait un moment que j’ai commencé à écrire cet article parce-que ces dernières années je vois et lis des débats interminables sur l’appropriation culturelle et j’ai (eu) un peu de mal à comprendre le concept.

Pour être tout à fait honnête il y a encore quelques semaines je n’en comprenais pas le sens et je ne voyais pas le pourquoi du comment de ce débat dans la mesure où il me semblait évident que le monde était en perpétuel mouvement et chacun avait le droit d’avoir le désir de s’immerger dans la culture de l’autre ou de s’y intéresser.

J’ai commencé à me poser sérieusement la question de l’appropriation culturelle il y a 1 ou 2 ans lorsque j’ai conçu un ensemble porté par Jordane, la blogueuse de unoeilsurletemps, qui me sert souvent de modèle.

La tenue avait été partagée à l’époque par la blogueuse Chastity du blog Garner Style. Beaucoup de personnes avaient aimé ce look mais il y a eu aussi des personnes qui se sont scandalisées qu’une fille blanche porte du wax et en plus ait un foulard sur la tête car selon elles l’appropriation culturelle allait trop loin.

Certains avaient été jusqu’à dire « ils nous piquent notre culture et nous piquent aussi nos vêtements, y en a marre d’eux ». C’est « eux » ce sont les blancs à qui on reproche de déposséder les noirs de leur identité culturelle et j’ai parfois la sensation que les noirs dépeignent comme majoritairement racistes les blancs (ou en tout cas ont des préjugés tout au fond d’un coin de leur tête) mais ça c’est un autre débat et j’entends un grand nombre d’ici dire « mais ils sont racistes ».

Petite digression :

Certains esprits médiocres aux jugements faciles se diront sans doute que c’est parce-que je vis avec trop de blancs, que mon compagnon est blanc, que je minimise les choses ainsi en me voilant la face. Pour ceux la rassurez vous, le racisme je connais parfaitement et j’en suis victime autant de blancs que de noirs mais ce n’est pas une raison suffisante pour moi de jeter le bébé avec l’eau du bain. Je fais cette petite mise au point des fois que l’envie vous prenne d’argumenter de manière pitoyable en faisant preuve de bassesse…

Revenons à l’appropriation culturelle.

Je me suis demandé quelle sorte d’angoisse morale s’était emparée des gens pour qu’ils en arrivent à de tels raccourcis rien qu’en voyant une jupe fourreau avec un top en wax et un foulard sur la tête le tout portée par une blanche.

 

Sur le coup , je n’y ai vu que du repli culturel et identitaire et ça me semblait schizophrénique venant de personnes qui faisaient en sorte d’être le plus européennes possible dans leurs looks et leurs fonctionnements à bien des niveaux.

Pour info j’ai pris la peine d’aller voir la majorité de leurs facebooks pour en arriver à cette conclusion.

Avec du recul je trouve que ma pensée fut aussi un raccourci gratuit mais comprenez moi, j’ai conçu quelque chose sans un seul instant avoir cette lecture d’appropriation et je me sentais dépossédée de ma création et de mon intention première qui était juste de créer quelque chose mixant les deux cultures dans lesquelles je vis.

Faire porter cette tenue par Jordane, et non pas par ma sœur, était un choix dont le but était de dire aux femmes blanches, qui avaient envie de mettre du wax et n’osaient pas car elles craignaient ce type de jugement, qu’il n’y avait pas de raisons qu’elles s’en privent.

La 2ème raison, est que même blanche de peau, Jordane est en partie africaine vu que sa mère est franco-algérienne et jusqu’à preuve du contraire l’Algérie est un pays du continent africain mais comme ils sont blancs avec des cheveux européens les noirs d’Afrique ne les perçoivent pas comme ça. Ce que je vous dis est véridique, ce sont des propos lus, vus, et entendus.

Après ça je n’ai eu de cesse de m’interroger sur l’appropriation culturelle et la manière dont elle entrait dans le débat public. Taylor swift et son twerk (et je déteste le twerk), Iggy azalea et j’en passe sont accusées d’appropriation culturelle (à tort ou à raison) parce-qu’elles s’approprient des choses provenant initialement de la culture africaine.

D’ailleurs il y a cet article sur ce lien que j’ai lu en faisant des recherches qui vous fait la liste d’artistes et « célébrités » à qui il est reproché de s’approprier les codes de ce qui fait l’identité africaine.

J’ai eu du mal à comprendre cette hystérie collective d’autant plus que lorsque je regarde la mode africaine, que je regarde les clips, les artistes africains reprennent tous les codes occidentaux, plus précisément de la culture américaine car c’est bien connu que tout ce qui vient des tatazunis (comme dirait certains de mes amis) est forcément génial.

Si tels artistes africains avaient porté une tenue un peu trop dénudée en Afrique, les africains lui auraient reproché de faire honte à ses « frères et sœurs » si la même tenue est portée par une artiste comme Beyoncé, Rihanna c’est tout de suite « mortel, trop beau, tuerie » et j’en passe.

Quand j’étais ado dans les années 90 (houlaaaaa c’est violent de le réaliser) et que j’avais un afro les gens me trouvaient « villageoise »(oui oui) donc pas évoluée parce-que le critère ultime de beauté à l’époque c’était d’avoir les cheveux défrisés, bien lisses pour ressembler à une européenne ou d’avoir des tresses pour créer l’illusion d’avoir des cheveux longs et souples.

C’est toujours d’actualité d’ailleurs mais les choses ont quand même évolué.

Il y a la mode du nappy avec un discours un tantinet moralisateur des pro-cheveux naturels qui subitement expliquent qu’il faut être fière de sa culture et porter ses cheveux naturels donc crépus qui sont l’identité du noir.
Je reconnais qu’il y en a quand même qui ne tiennent pas ce discours et apportent une lecture plus historique que juste ce regain subit d’appartenance culturelle et de « revendication identitaire ».

À ce sujet si vous vous intéressez à « la mode nappy » sur ce lien, si le cœur vous en dit vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la définition exacte de nappy :

Nappyparty

Perso je ne peux que valider le fait qu’effectivement on a pas à avoir honte de montrer ses cheveux naturels car aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours eu les cheveux afros et pas souvent tressés car ça me fait mal et j’ai eu des années durant les cheveux colorés.

Je reconnais quand même qu’actuellement je défends toute femme qui a envie de se faire défriser car je considère qu’elles connaissent les risques de la toxicité des défrisants mais que ça reste leur liberté de se défriser si elles le souhaitent sans avoir à subir le jugement de cette vague de conscientisation soudaine.

Cette prise de conscience comme bien des évolutions est une fois de plus arrivée par les USA. Ce sont les artistes noirs américains qui ont foulé des tapis rouges avec des cheveux afros et qui ont généré un sentiment de fierté et un besoin de revendication identitaire chez les noirs.

Bien sur d’autres personnes gardaient leurs cheveux crépus avant mais franchement elles étaient lorgnées dans la rue, jugées par leur entourage et famille. C’est dire à quel point il fut une époque où il ne faisait pas bon vivre pour celles qui voulaient se balader avec leurs afros.

Certes maintenant on revendique son identité mais attention ça a ses limites.

On va aimer les sonorité africaines si elles sont incluses dans une chanson de Beyoncé mais on ne va pas promouvoir des artistes africains en europe parce-que trop africains et je m’inclus dans ce fonctionnement. J’entends par là que je ne partage pas vraiment sur ma page facebook les chanteurs noirs que j’écoute comme Ballaké Sissoko, Ismael Lo, Rokia Traoré, etc.

C’est sans doute parce que je crains d’être perçue comme communautariste ou ethno centriste. Ceci dit il m’arrive de temps en temps de partager un morceau qui semble laisser tout le monde insensible alors que parmi certains de mes contacts facebooks je sais qu’il y en a qui adoooooooooorent et écoutent ça.

On va les adorer quand on va en vacances au pays, les écouter un peu secrètement dans son appartement en France et entre noirs jusqu’à ce que Pharell Williams prenne un sample d’une chanson et bien entendu on assume publiquement sa fierté d’être africain et que ce continent est riche et blablabla et là je me dis que le coté schizophrénique du noir ressort parce-que subitement il revendique sa richesse culturelle et son identité.

Durant tout le séjour on met des tenues traditionnelles parce-que c’est un « retour aux sources » mais sur les réseaux sociaux on promeut moins cette Afrique qu’on adore tant et là aussi je réalise que je fais aussi partie de celles et ceux qui font ça. Après je me dis aussi que ce n’est pas forcément un refus d’assumer mes origines mais plutôt une histoire de goût.

Il y a aussi le fait que la mode dominante est occidentale, européenne et qu’il est plus simple de faire comme tout le monde que de se balader dans une tenue traditionnelle et d’être tout de suite perçu comme exotique et folklorique donc pas « intégré ».

Par exemple il y a plein de tissus wax que je n’aime pas et pourtant je clame haut et fort que j’adore le wax. Porter des wax avec motifs de balais que j’ai vu au Bénin c’est impensable pour moi et je trouve ça cheap mais à bien y réfléchir j’ai tort. J’aurais tendance à plus chercher des tissus à motifs graphiques et universels que de faire un choix de wax marqué identitairement et j’hallucine rien qu’en le réalisant pendant que j’écris ce post.

Écrire cet article me fait me remettre beaucoup en cause et cette schizophrénie collective dont je fais partie POURTANT JE SAIS QUE JE SUIS FIÈRE D’ÊTRE NOIRE alors pourquoi faire et dire une chose et son contraire?

Je pense que tout ça est dû à une représentation archaïque qu’a l’Occident de l’Afrique et on ne souhaite pas être enfermé dans cette vision de cette Afrique alors qu’elle est aussi ça. J’exagère un peu car il y a quand même quelques blogueuses qui font la promotion de l’Afrique dans toute sa diversité. Il y a le site Afrosomething qui écrit des articles que j’aime beaucoup et qui s’interroge sans aveuglement sur l’évolution de l’identité noire, le super site Visiterlafrique et Chayet sur qui j’ai écrit un article l’auteure du blog Nothing but the wax qui fait un travail formidable sur son blog pour ouvrir au monde une Afrique dans sa réalité, ses contradictions et son immense richesse.

C’est vraiment très compliqué pour moi d’écrire ce post car j’aimerais être dans l’échange immédiat avec quelqu’un qui objecterait et qui pourrait me permettre de prendre du recul sur le ressenti et la lecture que j’ai des noirs et de leur bipolarité et je le répète, je m’inclus dedans.

Bref, retour à ma pensée car je suis en train d’en perdre le fil… 

J’ai donc pendant longtemps pensé que les noirs reprochaient aux autres de s’approprier leur culture qu’eux même négligent aux bénéfices d’une identité africaine promu à travers le prisme américano-occidental et que pour qu’ils aiment ce qui est identitairement propre à la culture il faut que ça soit promu par des métisses ou en tout cas qu’ils aient une part occidentale plus que dominante dans leur culture.

Stella Jean qui est une créatrice italo-haïtienne a rendu le wax cool et moderne en créant des pièces et lui a conféré une lisibilité plus luxueuse qu’évidemment il y avait déjà en Afrique noire mais pas de cette manière. C’est devenu, chic, tendance et en même temps revendicateur de porter du wax.

Si en plus c’est porté par Rihanna et compagnie on est fière d’être noire.

Si Alphadi avait fait la même chose l’intérêt serait bien bien moindre ça passerait inaperçu chez les africains vivant en Occident et pas que à vrai dire. Alphadi est très connu en Afrique vu qu’il a révolutionné la mode en Afrique en créant la première Fashion week africaine parce-qu’ils trouvaient que l’Afrique n’était pas assez représentée en Occident mais qu’on n’hésitait pas à venir s’inspirer d’elle pour créer des collections.

Dans la même veine il y a la culture de la sapologie qui a vraiment pris de l’ampleur grâce à Solange Knowles.

Même si le phénomène des sapeurs est connu en Afrique noire, Solange Knowles sort le clip Loosing you et donne aux sapeurs une respectabilité internationale. Du jour au lendemain on comprend mieux la performance, le travail sur l’art de la représentation. Elle permet d’apporter une lecture de l’art de la sapologie qui va bien au delà du simple dandy qui aime s’habiller.

Tout ça mélangé dans mon sac à interrogations m’a fait me demander qu’appellent t-ils « appropriation culturelle » et pourquoi crient-ils au vol identitaire vu qu’eux même semblent nier leur identité et ne se donnent pas les moyens créatifs que l’Occident met en place à partir des richesses pompées en Afrique.

À Force d’observer j’ai fini par me dire que c’est quand ça les arrange qu’ils font preuve de grégarisme et ce que ça cache surtout c’est la gêne (ou la honte) qu’une vision plus moderne de la culture soit construite par des occidentaux (en l’occurrence des métisses et des blancs) et que donc ces occidentaux comprennent mieux la richesse du continent africain que les africains eux même. Je dois dire qu’honnêtement je le pense.

C’était donc pour moi l’inacceptable vérité qu’il faille que ce soit des « étrangers » (à notre culture) qui nous montrent comment bien se servir de notre richesse qui a conduit à cette pensée manichéenne sans nuance et avec une IMMENSE MAUVAISE FOI et donc à la création du concept d’appropriation culturelle.

J’ai été de plus en plus énervée par ce regain communautariste alors que j’ai le sentiment qu’avec l’évolution du monde, de la mixité culturelle, les africains ont eux-même fait le choix d’épouser la culture occidentale que le contraire et que rien ne les empêchent de reprendre possession de leur identité en la promouvant.

Est-ce que je le fais moi même? Non et tout ça m’interroge sur qui je suis et rien que pour ça je ne me vois pas crier à l’appropriation culturelle d’un continent dont je me désolidarise inconsciemment bien que comme je vous le dis je suis super fière de venir de ce continent.

D’ailleurs pourquoi ai-je autant besoin de le dire…

Seulement voila, il y a quelques jours je suis tombée sur cet article intéressant du site Dazed qui était sidérée par le dernier défilé de Valentino de la saison 2016 et je dois dire que l’angle d’écriture de l’article m’a beaucoup fait réfléchir et surtout je commence enfin à comprendre l’idée d’appropriation culturelle bien que je reste campée sur certaines positions.

L’angle sociologique sous lequel a été écrit l’article a élargi ma lecture de ce terme qui ne me parlait vraiment pas.

Pour résumé Valentino a fait un défilé s’inspirant de la culture africaine avec des mots très stéréotypés tels que tribal, ethnic, sauvage, primitif et des mannequins majoritairement blanches défilaient sur un fond sonore de tam-tam. Ils se sont appropriés une culture, la vidant de la signification de ses rites et coutumes en la destinant à des fins mercantiles.

Ce qui est dénoncé finalement dans l’appropriation culturelle c’est la manière dont on réduit (en écrasant mine de rien) tout un continent avec une sémantique archaïque dans la mesure où il n’y a aucune sociologique voire ethnologique d’une identité culturelle et de son histoire.

Ok les designers ne sont pas sociologues donc on a pas à leur demander de l’être.

Ceci dit la mode étant un vecteur de transmission  de changement d’époque, de culture, d’évolution sociologique, il semble évident que lorsque une maison comme Valentino conçoit une collection en s’inspirant d’un continent, d’une culture, fasse l’effort de s’assurer qu’elle ne va pas offenser .

Comme on peut se demander si on peut rire de tout, on devrait aussi se demander si on doit créer à partir de ce que nous voyons et cela sans même prendre la peine d’en comprendre la signification et pourquoi ça nous inspire.

Doit on juste se limiter à l’affect instinctif ou (parce-qu’on a la responsabilité d’écrire le futur) doit-on prendre la peine de dire le vrai sens des choses avant de les détourner de leurs représentations originelles???

Personnellement je dirais que c’est un axiome qu’il faut faire ça mais lorsqu’on est dans une démarche artistique c’est compliqué, très compliqué.

Ce qui est moins difficile c’est d’éviter de nourrir des stéréotypes en montrant sous un seul angle une richesse culturelle qui nourrit les clichés qu’on a d’un continent.

On transforme en objet de consommation des apparats qui ont une signification et on en fait des produits de luxe qui pérennisent un imaginaire fantasmé d’une Afrique (juste) folklorique dénuée de modernité si tant est que ce terme signifie encore quelque chose si on part du principe que tout est un perpétuel recommencement et qu’il suffit d’observer que tout ce qui passe pour moderne et actuel tire sa source dans le passé. Le moderne-passéiste est ce qu’on appelle tendance et à partir de là je trouve que le mot tendance ne veux plus rien dire.

Ce qui est à la mode pour moi est incontestablement passéiste et on s’entête et se « ment » à nous même à vouloir faire croire qu’on innove et bien entendu on omet d’attribuer la paternité d’une création à son auteur.

Il faut dire que ce n’est pas très difficile de générer de l’enthousiasme avec une prétendue nouveauté dans la mesure où on sait que ce qui prime c’est le TOUT DE SUITE SANS CHERCHER à CONNAITRE SA PROVENANCE et à l’ère où nous vivons on a pas le temps de s’instruire pour avoir la culture du passé.

Bon je repars encore dans tous les sens donc je me recentre.

Je dirais donc qu’après lecture de l’article de Dazed je comprends beaucoup mieux le fait de dénoncer l’appropriation culturelle mais comme je l’ai dit au dessus je crois que la question est bien plus complexe de part les contradictions comportementales des noirs.

S’il me prenait l’envie de créer une collection de vêtement avec pour imprimé le visage de ma mère qui a des scarifications qui ont un sens en tant que yoruba serai-je accusée d’appropriation culturelle? Si je pousse le truc jusqu’à faire un défilé en plantant comme décors tout ce qu’il y avait comme son, environnement, paysages, prières et j’en passe le jour de sa scarification quelle lecture les gens auront de ma démarche?

Si moi je la fais avec un but de partage culturel et si je décide de la faire (ma collection) majoritairement portée par des noirs ça passera mieux? Je me pose quand même toutes ces questions mais j’ai besoin de comprendre même si j’ai enfin saisi certaines choses.

Je vais être en quête d’auteurs qui traitent de la question sous différents angles car j’ai vraiment besoin de savoir et il n’est pas dans ma nature de faire preuve d’instinct grégaire même si je pense qu’inévitablement on l’est d’une manière ou d’une autre.

Voila Voila mon interrogation du jour sur qu’est ce que l’appropriation culturelle en sachant que j’ai posé la question à mon entourage (noirs et blancs) et j’ai été étonnée que tous les noirs me disent qu’ils sont schizophréniques d’où le fait que j’ai retenu cette qualification récurrente et quand aux blancs ils m’ont dit « tu veux vraiment connaitre mon opinion ou tu veux la connaitre pour que je dise un truc qui va être mal perçu et me faire passer pour raciste. » Rien que ces deux réponses me donnent à réfléchir.

Je finis en partageant avec vous cette vidéo d’une jeune fille qui danse extrêmement bien et qui doit en énerver plus d’un qui crie à l’appropriation culturelle car ils considèrent que la danse africaine a une histoire lourde en lien avec l’esclavage.



Bon week-end et Bonne semaine à tous et s’il vous prend l’envie de commenter, évitez d’être insultants et si vous me trouvez insultante dites le car même si j’ai relu les utilisateurs et utilisatrice du TAG white privilège auront surement envie de me déchiqueter. Si vraiment vous ne pouvez pas vous en empêcher allez y si ça vous fait du bien.

Pour les autres je vous embrasse et prenez soin de vous et croyez c’est plus que jamais d’actualité.

 

Nafi

 


Toutes les photos et contenus de ce blog sauf mentions contraires, sont propriétés exclusives de l’auteur (N’sqol/Nafissath Abdoulaye). Merci de me contacter si vous désirez vous servir de mes photos ou textes.
Selon l’art. 9 du Code Civil tout abus des droits à l’image sera poursuivi sans avertissement.

 

 

 

 

3 thoughts on “Appropriation culturelle ?

  1. A reblogué ceci sur À l'aurore je suis néeet a ajouté:
    Hello, je vous invite à aller lire cet article très intéressant sur le blog de la créatrice et styliste N’sqol, au sujet de l’appropriation culturelle.

    « […] J’ai donc pendant longtemps pensé que les noirs reprochaient aux autres de s’approprier leur culture qu’eux même négligent aux bénéfices d’une identité africaine promu à travers le prisme américano-occidental et que pour qu’ils aiment ce qui est identitairement propre à la culture il faut que ça soit promu par des métisses ou en tout cas qu’ils aient une part occidentale plus que dominante dans leur culture.
    […]
    C’était donc pour moi l’inacceptable vérité qu’il faille que ce soit des « étrangers » (à notre culture) qui nous montrent comment bien se servir de notre richesse qui a conduit à cette pensée manichéenne sans nuance et avec une IMMENSE MAUVAISE FOI et donc à la création du concept d’appropriation culturelle. »

  2. Mince alors! que j’aime ton article, il me pousse vraiment à réflexions … je n’avais pas vu cet article de Garner Style avec ces réactions! je tombe un peu des nues face à ce que cet article à pu générer auprès de gens…..Donc si je récapitule, comme je suis noire d’Afrique de l’ouest, hormis le bomba, le boubou, le foulard guélé et les sandalettes, décider de me mettre un Kimono, un perfecto, des bottines à franges et rajouter à ça un canotier serait m’approprier une culture autre? mais on parle de mode et quand bien même pourquoi devrait t’on être obligé de s’habiller selon origine ou de ne penser que selon une seule dimension? la question va loin parce que franchement quand on creuse bien, qui est originaire à 100% de là où il est né? pour exemple, quand on prend le dashiki qui vient à l’origine d’Asie (si je ne me trompe pas d’Inde…), tellement d’Africains se le sont appropriés qu’aujourdh’ui la plupart des gens pensent que c’est originaire d’Afrique. Est-ce qu’on leur a dit qu’ils se sont approprié une autre culture? Moi j’aime beaucoup l’idée d’avoir des influences de toutes part, je trouve ça d’un enrichissement incroyable même si je n’apprécie pas tout et ça vaut pour la mode également. Je me plais à réaliser des mix improbables (qui fonctionnent ou pas parfois) et je ne rejette pas forcément mes origines.
    Je trouve cette façon de penser très étroite et égocentrique…. Je pense qu’en matière de mode et dans d’autres domaines, que l’originalité est partout ( pour qui peut la voir evidemment… ) même si chacun à ses préférences qu’on ne peut pas toujours expliquer.
    Aaaaaaahhhhhh mais qu’on me laisse être Geisha, Cow-girl ou Foulani si je veuuuux >_< !!!!!! mais c'est quoi le souci de l'être humain?!! vraiment là avec cet article je suis lancée dans un mode "réflexion" pour comprendre un peu…. Merci N'sqol pour ce partage et ce à quoi il me fait accéder. Je t'embrasse

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